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«Il ne suffit pas de produire des sons de manière statique pour faire de la musique.»

  • il y a 6 heures
  • 3 min de lecture

 

Monika Schütz vit avec sa famille à Elsau (ZH). Professeure de clarinette titulaire d’un diplôme de concertiste et directrice d’orchestre à vents, elle travaille actuellement comme enseignante spécialisée en musique et étudie depuis un an la «musique à l’école 1» à la Haute école pédagogique. En raison de ses études, elle ne dirige actuellement aucune société en tant que titulaire, mais fait des remplacements et participe à divers projets.

 

 

Monika Schütz, vous êtes membre d’un jury à la FFM. Que jugez-vous exactement et qui évaluez-vous?

Jeudi et vendredi, j’ai jugé la pièce de libre choix en deuxième catégorie Harmonie. En deux jours, j’ai ainsi entendu 24 formations interpréter des œuvres très différentes. Samedi, j’ai également évalué les libres en quatrième catégorie Harmonie. Ca a été ma journée la plus difficile, car nous avons entendu 20 sociétés différentes, toutes classées dans la même catégorie.

 

Avez-vous posé votre candidature pour fonctionner comme membre de jury ou avez-vous été sollicitée?

On est sollicité pour cette fonction. Mais cela aide certainement de faire du bon travail et de se construire une bonne réputation auprès de l’Association suisse des musiques. Ce à quoi je suis parvenue grâce à mon travail de coprésidente de l’Association cantonale des musiques zurichoises, où je dirige le département de la direction d’orchestre. J’ai beaucoup apprécié d’être appelée, car ce travail d’expert est particulièrement gratifiant. Et revivre une FFM après dix ans est formidable. Voir toutes ces sociétés pleines de qualités et heureuses de jouer me procure une véritable émotion.

 

Comment vous êtes-vous préparée?

Pour les pièces de libre choix, la préparation est bien sûr beaucoup plus intensive que pour les imposés. J’ai ainsi passé trois jours entiers à étudier les partitions. Je connaissais déjà certaines pièces, certaines de la 4e catégorie ayant jalonné ma jeunesse musicale. Mais le fait de recevoir les partitions sous forme numérique m’a fatiguée. Les grands formats papier sont beaucoup plus agréables pour travailler. 

 

En parlant de numérique: désormais, les rapports du jury sont également rédigés sous cette forme. Qu’en pensez-vous?

C’est sensationnel et dans l’air du temps. Mais il s’agit d’un travail de pionnier, car grâce au programme Hitobito, toutes les associations cantonales pourront à l’avenir avoir accès à ce système.

 

Les experts sur l’imposé écoutent la même pièce toute la journée. N’est-ce pas beaucoup plus facile à évaluer que des dizaines de pièces différentes, comme ce fut le cas pour vous?

Oui et non. Sur l’imposé, les attentes évoluent au fil de l’écoute. Et il est difficile de se souvenir, rétrospectivement, de la manière dont la deuxième ou la cinquième formation a joué. Pour nous, c’est beaucoup plus simple: Nous pouvons parler des pièces et leur mémorisation est plus facile. Nous regardons si ce qui est joué correspond à ce qui est écrit. La société sait-elle où elle veut aller? Son plan aboutit-il? Fait-elle de la musique, est-elle créative?

 

Cela signifie que parmi tous les «facteurs durs» que vous évaluez, l’expressivité musicale est la plus importante?

Elle est vraiment très importante. Si l’on ne joue que des sons de manière statique, tout peut être «correct», mais ça ne suffit pas pour faire de la musique. Mais si la musicalité est là et qu’il se passe quelque chose, alors il peut arriver que des petits accidents se produisent. J’imagine toutefois que les avis divergent à ce sujet.

 

Quel «taux émotionnel» vous autorisez-vous en tant qu’experte?

Depuis que j’ai des enfants, je suis nettement plus émotive. Que ce soit en tant qu’auditrice ou directrice, il m’est déjà arrivé de pleurer, parce que touchée par la musique. Ici aussi, je l’ai vécu à plusieurs reprises. Certaines sociétés parviennent à transmettre tellement d’énergie.

 

Comment faites-vous pour rester concentré?

Avec beaucoup de café et de chocolat. Heureusement, nous sommes très bien encadrés. Et nous nous entraidons entre membres du jury lorsqu’un coup de mou se fait sentir. Par exemple, quand on cherche la bonne formulation. C’est épuisant, mais nous nous efforçons de rendre justice à toutes les sociétés qui ont travaillé pendant des semaines en vue de cette fête. 

 

En dehors de votre travail, avez-vous vécu la fête?

Non, nous avons juste mangé le soir et bu un verre. J’ai mal dormi, mais trois jours sur l’année, c’est supportable.

 

A combien de fêtes fédérales avez-vous déjà participé?

Interlaken 1996 a été ma première FFM en tant que musicienne. J’ai fait St-Gall en 2011 et Montreux en 2016 comme directrice. C’est ici, à Bienne, que j’officie pour la première fois en tant que membre du jury.

 
 
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