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- Objets trouvés de la Fête fédérale de musique
Avez-vous perdu un objet ? Peut-être l’avons-nous retrouvé… Au cours de quatre jours de fête inoubliables, il n’y a pas eu que de la musique à Bienne — plusieurs objets ont également été oubliés. Si vous avez perdu quelque chose, il se peut qu’il se trouve dans notre bureau des objets trouvés. Les cartes de crédit et les portefeuilles ont toutefois été remis au bureau des objets trouvés de la Ville de Bienne. Nous envoyons les objets contre paiement anticipé / les retraits sont possibles sur rendez-vous : dans les deux cas, veuillez nous contacter par e-mail à theo.martin@emf26.ch. 30.05.26 Fond rouge : Cet article a déjà été récupéré.
- Les temps forts de la Fête fédérale de musique en rétrospective
La SSR diffusera samedi prochain, en prime time sur sa première chaîne, une émission d’une heure consacrée à la Fête fédérale de musique à Bienne, qui a rencontré un franc succès. Le 23 mai, en prime time (de 18h10 à 19h10), l’émission nationale Bella Musica sera consacrée à la Fête fédérale de musique (RSI : 24 mai à 12h50). Diffusée dans les quatre régions linguistiques, elle reviendra sur les moments forts du week-end de l’Ascension et les présentera à un public de plusieurs millions de téléspectateurs sur la première chaîne.
- Le livestream de la musique de parade reste disponible
La musique de parade de la Fête fédérale de musique peut toujours être visionnée en livestream. . La SSR a retransmis en direct l’ensemble du concours de musique de parade sur Play RTR (https://www.rtr.ch/emf26). Les enregistrements restent disponibles au même endroit. Grâce à la fonction de recherche, vous pouvez directement accéder à la société de votre choix.
- Une Fête fédérale de musique inoubliable, portée par un immense élan collectif
Le Conseil municipal de Bienne a relevé, lors de sa séance hebdomadaire, le bilan extrêmement positif de la Fête fédérale de musique qui s’est tenue le week-end dernier à Bienne. Durant quatre jours, la ville a vibré au rythme de la musique, des rencontres et du partage. Plus de 120 000 personnes ont participé à cette édition exceptionnelle, transformant rues, places et quartiers en une grande scène ouverte et festive. Biennoises et Biennois, musiciennes et musiciens, visiteuses et visiteurs venus de toute la Suisse : toutes les générations et toutes les langues se sont retrouvées dans une ambiance chaleureuse, joyeuse et respectueuse. Le Conseil municipal se réjouit tout particulièrement du fait que cette grande fête populaire se soit déroulée sans problème majeur. Que ce soit au niveau de la sécurité, des transports, de la logistique, de la propreté ou de la restauration, tout a remarquablement bien fonctionné. Un tel succès n’aurait toutefois jamais été possible sans l’engagement extraordinaire de centaines de bénévoles, de collaboratrices et collaborateurs de la Ville ainsi que de nombreuses personnes de l’ombre qui ont préparé, accompagné et rendu possible cet événement. Le Conseil municipal leur adresse sa profonde reconnaissance. Leur engagement, souvent discret mais essentiel, a permis à Bienne d’accueillir la Suisse entière avec professionnalisme, chaleur et générosité. Le Conseil municipal remercie également le comité d’organisation de la Fête fédérale de musique pour la confiance accordée à la Ville de Bienne et pour l’excellente collaboration dans la mise sur pied, en à peine une année, du plus grand festival de musique à vent du monde.
- Brass Night / Youth Night
Le public de la FFM a eu droit à un véritable pot-pourri de divertissements musicaux à Bienne. En a notamment fait partie le Brass Band Fribourg (BBF), sous la direction de Robin Bartholini. Ce musicien professionnel de 28 ans s’est fait un nom depuis longtemps dans le milieu. Il a suivi une formation de saxophoniste à la Haute école de musique de Lausanne, puis une filière de chef d’orchestre à Lucerne. Sa passion et sa conviction l’ont même conduit en 2025 en demi-finale du concours européen de direction à Stavanger (Norvège). Avec ses 30 musiciens du BBF, il a mis en place un programme exigeant mais très attrayant, qui a, samedi soir, fait le bonheur des plus de 400 auditeurs du théâtre Nebia. Le concert a débuté par «When Thunder Calls», de Paul Lovatt-Cooper. L’ensemble est entré sur scène registre après registre, faisant grandir l’œuvre musicalement. L’accord final y retentit peut-être encore. Mais c’est l’œuvre suivante qui a donné à la prestation une tournure concertante, avec «Les tableaux d’une exposition», de Modest Mussorgsky. Cette pièce d'une demi-heure a été composée en trois semaines en 1874, l’auteur l’ayant écrite pour faire face à la mort subite de son ami peintre Viktor Hartmann. Une partie de concert également extrêmement attrayante sur le plan visuel: des films d’animation produits par la School of Animatic Arts de Los Angeles ont été projetés pendant la pièce. Le tonnerre d’applaudissements a témoigné de l’enthousiasme ainsi suscité. Jérémy Monnet, ancien trombone solo du BBF, a réarrangé le chant a cappella «Only in Sleep», d’Erik Esenvalds, basée sur un poème de Sara Teasdale, pour formations de cuivres. Mais la qualité de la prestation n’est certainement pas née du sommeil des interprètes. Une leçon d’histoire d’un genre particulier a été proposée au public avec «Hannibal». Pendant une vingtaine de minutes, le BBF a plongé les auditeurs dans les pérégrinations du général carthaginois, qui a traversé les Alpes avec 30 000 fantassins, 9000 cavaliers et des éléphants pour attaquer Rome. Des textes, mais aussi des images, ont été projetés sur l’écran, soulignant visuellement la musique ainsi que l’histoire. La formation fribourgeoise a conclu la soirée avec Midwest March, composée en 1932 par J. J. Richards. Youth Night Pas moins de 81 enfants et jeunes âgés de 9 à 23 ans s’étaient réunis en amont de la Fête Fédérale de Musique pour mettre sur pied un programme en vue de la Youth Night, une première. Un Youth Ensemble qui s’est constitué pour l’occasion autour de JUBIS, l’ensemble des jeunes de la Musique de la Ville de Bienne, et que le chef de cette dernière, Gregory Heiniger, a également dirigé. De nombreux enfants issus de formations de cinq cantons se sont joints à eux. La grande salle du théâtre Nebia s'est remplie jusqu’au dernier siège. Le public a alors appris que les musiciennes et musiciens en herbe s’étaient préparés en deux répétitions seulement. Des enregistrements projetés sur l’écran ont donné un aperçu de ce qui a motivé cette relève à se mettre à la musique et à rejoindre le Youth Band. Ce dernier a terminé sa prestation d’une heure par «Für immer uf di», tube de Patent Ochsner qu’un public enthousiaste a repris à tue-tête.
- Anecdotes de la fête
Dans la nuit de vendredi à samedi, deux jeunes musiciens trouvaient apparemment le temps long: «accompagnés» d’une bannière de société, ils ont décidé d’abattre un bouleau dans le centre-ville de Bienne. Avant de tomber directement dans les griffes de la police avec leur «butin». **** Nulle part la tenue correcte ne revêt autant d’importance qu’en musique de parade. C’est d’ailleurs un critère d’évaluation du jury. Un musicien de la société de Gähwil (SG) a ainsi eu la pire des poisses: il a constaté, une fois à Bienne, que la semelle de l’une de ses chaussures s’en était désolidarisée. Que faire? Il est tombé par hasard sur l’échoppe d’un cordonnier le long du parcours de musique de parade. L’artisan lui a recollé sa semelle en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, de telle sorte qu’il a pu parcourir les 300 mètres sans générer de pénalité sur la note de style. **** Pépins, malheurs et accidents pour la société de musique de Meinisberg (BE): lors de sa prestation en musique de parade, un vent violent soufflait dans la Rue Centrale, à tel point que la directrice a perdu son chapeau après quelques mètres. Une des dames d’honneur l’a rapidement ramassé et l’a jeté sur le bord de la rue. Puis c’est un tromboniste qui a vu s’échapper une coulisse. La société n’a d’ailleurs pas non plus été épargnée par la malchance lors de la cérémonie de remise des prix: elle a été appelée sur scène en tant que vainqueur du jour en musique concertante. Mais peu de temps après, l’erreur allait être annoncée: Meinisberg n’a pas terminé à la première, mais à la deuxième place (et 6e au classement final). **** Chacun le sait, la musique à vent réunit jeunes et moins jeunes, et les musiciennes et musiciens veillent eux-mêmes avec zèle à assurer la relève. Lors des prestations, ou même dans les studios où ont été prises les photos de groupe, il n’était pas rare de voir des mamans ou des papas attendre avec des enfants en bas âge qui accompagnaient le parent musicien. **** Les dames d’honneur de la Vispe de Viège (VS) ont présenté leurs magnifiques bouquets dans des cornes de vache. Lorsqu’on leur a demandé ce que symbolisaient les cornes, elles ont répondu sans détour: «Nous sommes la société des maris cocus.» **** Bon nombre de musiciens et de musiciennes étaient heureux d’avoir terminé le programme obligatoire de la FFM et de pouvoir laisser libre cours à leurs envies festives. Mais d’autres semblent musicalement insatiables: moult aubades spontanées ont retenti au cœur de la ville. Et une société a manifestement pris tellement de plaisir à se produire en parade que le soir même, elle a défilé en file indienne aux sons d’une marche, en direction du studio photo. ****
- Cérémonie de clôture de la FFM26
Qu’est-ce qui distingue une fête de gymnastique d’une fête de musique? Dimanche soir, lors de la cérémonie de clôture sur l’Esplanade de Bienne, un musicien a dit à son collègue de société que la FFM sonnait tout simplement mieux lorsqu’il chantait avec lui. Le Brass Band No Limits et le soleil avaient déjà créé une magnifique ambiance bien avant la cérémonie. Des centaines de personnes ont fait la fête sous le «Paragu», attendant impatiemment la dernière proclamation des résultats de cette Fête Fédérale de Musique. Un sondage non représentatif réalisé auprès de quelques sociétés de musique donne par ailleurs une image tout à fait positive du concours de cette année. Proximité de toutes les salles et situation centrale du site de la fête ont été particulièrement appréciées. L’arrivée sur scène des sonneurs de cloches du Seeland a ouvert bruyamment la partie officielle. Le – désormais connu – binôme de présentateurs, Jonas Zellweger et Anita Maïmouma Neuhaus, a animé l’événement avec la sympathie et la compétence dont il a fait preuve durant toute la FFM. En raison du niveau sonore, les Armourins de Neuchâtel ont eu cette fois-ci beaucoup plus de mal à se faire entendre que lors de la cérémonie d’ouverture de mercredi. Ce qui n’a rien ôté à la qualité de la prestation des tambours et fifres à l’uniforme rouge et vert. Dans son discours, Nadja Günthör, présidente du CO, a évoqué le logo de la fête: cette note rouge et bleue, représentative du Seeland, du canton et de notre pays. Ce n’est pas sans fierté qu’elle s’est exclamée: «Avoir autant d’amis m’a beaucoup touchée. On devrait toujours faire la fête comme pendant ces quatre jours.» Simon Büchel, membre du comité d’initiative de la prochaine FFM, qui aura lieu dans cinq ans dans la Vallée du Rhin, a également pris la parole. Après quatre jours à Bienne, il s’est dit convaincu qu’un centre névralgique de la fête sera aussi construit à la campagne, où toute la famille des musicien(ne)s se retrouvera. Ce sont ainsi 18 sociétés de la Vallée du Rhin qui unissent leurs forces pour organiser la FFM 2031. L’ensemble de jeunes «Young (R)evolution», qui représentait la région, s’est alors produite et a chanté devant le public biennois: un grand merci! Stafettenübergabe an Simon Büchel EMF 2031
- Une fête bigarrée et remplie de musique s’achève
La cérémonie de clôture de la Fête Fédérale de Musique 2026, à Bienne, a été marquée par de nombreuses surprises musicales. Rétrospective et perspectives, avec Nadja Günthör et Luana Menoud-Baldi. Nadja Günthör (à gauche) a présidé le comité d’organisation de la Fête Fédérale de Musique 2026. Cette formatrice / coach personnelle diplômée vit à Erlach (BE) et est députée au Grand Conseil. Elle n’a jamais eu de lien direct avec le monde de la musique à vent. Jusqu’à la FFM 2026. Luana Menoud-Baldi (à droite) préside l’Association suisse des musiques (ASM) depuis 2020. Tessinoise d’origine, elle vit à Romont (FR). Secrétaire générale de l’Association Alzheimer à Fribourg – son activité professionnelle principale –, elle siège également au Grand Conseil. Avant de s’engager au sein de l’ASM, elle était clarinettiste dans son canton d’origine, le Tessin. Quatre jours de musique à Bienne: dimanche soir, la Fête Fédérale de Musique (FFM) 2026 s’est achevée, après quatre jours de liesse. La cérémonie de clôture a, elle aussi, été placée sous le signe de la musique. Avec, en plus de divers groupes et orchestres, une apparition du club des sonneurs de cloches du Seeland. Autres surprises, la prestation du chanteur seelandais George, qui a interprété un arrangement spécial de son «hymne seelandais», «Hie bini deheim», ainsi que celle du rappeur Louis Weber avec son rap «Musigg!», écrit spécialement pour l’occasion. Les deux figures féminines de la FFM, Nadja Günthör, présidente du CO, et Luana Menoud-Baldi, présidente de l’ASM, ont également pris congé et remercié le nombreux public. Comme toutes les personnes impliquées, elles ont passé des journées et des nuits intenses s’il en est. Toutes deux n’ont guère dormi plus de deux heures par nuit. Avec toutefois des rôles très différents durant la fête. En tant que présidente du CO, Nadja Günthör a été sollicitée sur tous les fronts. «Il m’est arrivé de ramasser des morceaux de verre ou de remettre de l’ordre lorsque des informations étaient mal affichées», révèle-t-elle. Luana Menoud-Baldi, en revanche, ne faisait pas partie du comité d’organisation et a pu profiter pleinement de la fête. De nombreux visiteurs auraient ainsi saisi l’occasion pour interpeller la présidente de l’ASM et lui demander un selfie. «Avec ma couleur de cheveux, on me reconnaît facilement», a-t-elle avoué en riant. Forte affluence lors de concours Luana Menoud-Baldi se dit particulièrement ravie que la FFM ait pu avoir lieu à Bienne après la pandémie et suite au retrait du CO d’Interlaken. Elle tient à remercier le CO biennois, qui a mis sur pied la fête en seulement 16 mois. De son côté, l’ASM a organisé directement le concours pour la première fois lors de cette FFM, mais a également pu apporter une contribution issue de ses bons contacts avec les milieux politiques, culturels et médiatiques. «La fête était très bien organisée et tout était parfait sur le plan musical», a déclaré Luana Menoud-Baldi. Les sociétés ont pu présenter toute la qualité de leur musique, ce à quoi le travail des associations cantonales n’est nullement étranger. La présence marquée de SRG SRR était inédite. Le livestream, puis les vidéos de la musique de parade ont été particulièrement prisés par les musicien(ne)s et les fans. Nadja Günthör se réjouit quant à elle de la fréquentation: au total, plus de cent mille personnes se sont rendues à la FFM de Bienne pendant ces quatre jours de fête. L’intérêt prononcé pour la musique à vent proposée s’est révélé particulièrement impressionnant samedi: le public a alors fait la queue pendant parfois plus de deux heures pour pouvoir écouter le concours au Palais des Congrès. Et maintenant, l’avenir Presque aucun incident n’est venu ternir la fête. Selon les organisateurs, la police cantonale bernoise a fait savoir que rarement une fête à Bienne a nécessité aussi peu d’interventions. Le manque de bénévoles toutefois donné plus de fil à retordre au CO. Une épidémie de grippe, notamment, a empêché certains bénévoles inscrits d’assumer leur tâche, de sorte qu’il a fallu réorganiser le personnel. Des membres de sociétés locales ont notamment pris le relais. La météo n’a, de son côté, guère fait de cadeaux aux organisateurs: les saints de glace ont frappé de toutes leurs forces. Mais pas question pour Nadja Günthör de s’en plaindre. En effet, il a globalement bien moins plu, à Bienne, que ce que l’on pouvait craindre au préalable. Pour se protéger du froid, les visiteuses et visiteurs ont ressorti vêtements chauds ou même bonnets. Mais le dimanche, ce sont les lunettes de soleil qui ont fait leur apparition: le temps était généralement agréable et sensiblement plus chaud. La FFM a vécu, vive la FFM! Lors de la cérémonie de clôture, le CO biennois a remis un témoin de relais symbolique à une équipe de la Vallée du Rhin (Rheintal) saint-galloise: C’est là que la prochaine FFM est prévue, en 2031. Selon Luana Menoud-Baldi, d’intenses discussions seront menées au sein de l’ASM ces prochains mois: les associations cantonales devront ainsi décider si la FFM se déroulera à l’avenir sur quatre jours d’affilée, comme ce fut le cas pour la première fois à Bienne, ou si l’on reviendra à l’ancien modèle, à savoir deux week-ends consécutifs. La discussion portera également sur la gestion du nombre toujours croissant de participants. Le ménage de nuit Après ces quatre jours parmi les plus intenses, aucun répit ne point à l’horizon pour les deux femmes: toutes deux siègent au Grand Conseil de leur canton de résidence et doivent se préparer pour les sessions à venir. Dans la nuit de dimanche à lundi, une nouvelle nuit blanche attend en tout cas Nadja Günthör: le centre-ville de Bienne doit être rouvert à la circulation d’ici lundi 5h00. Après la cérémonie de clôture, il reste donc encore beaucoup de travail de nettoyage.
- «Il ne suffit pas de produire des sons de manière statique pour faire de la musique.»
Monika Schütz vit avec sa famille à Elsau (ZH). Professeure de clarinette titulaire d’un diplôme de concertiste et directrice d’orchestre à vents, elle travaille actuellement comme enseignante spécialisée en musique et étudie depuis un an la «musique à l’école 1» à la Haute école pédagogique. En raison de ses études, elle ne dirige actuellement aucune société en tant que titulaire, mais fait des remplacements et participe à divers projets. Monika Schütz, vous êtes membre d’un jury à la FFM. Que jugez-vous exactement et qui évaluez-vous? Jeudi et vendredi, j’ai jugé la pièce de libre choix en deuxième catégorie Harmonie. En deux jours, j’ai ainsi entendu 24 formations interpréter des œuvres très différentes. Samedi, j’ai également évalué les libres en quatrième catégorie Harmonie. Ca a été ma journée la plus difficile, car nous avons entendu 20 sociétés différentes, toutes classées dans la même catégorie. Avez-vous posé votre candidature pour fonctionner comme membre de jury ou avez-vous été sollicitée? On est sollicité pour cette fonction. Mais cela aide certainement de faire du bon travail et de se construire une bonne réputation auprès de l’Association suisse des musiques. Ce à quoi je suis parvenue grâce à mon travail de coprésidente de l’Association cantonale des musiques zurichoises, où je dirige le département de la direction d’orchestre. J’ai beaucoup apprécié d’être appelée, car ce travail d’expert est particulièrement gratifiant. Et revivre une FFM après dix ans est formidable. Voir toutes ces sociétés pleines de qualités et heureuses de jouer me procure une véritable émotion. Comment vous êtes-vous préparée? Pour les pièces de libre choix, la préparation est bien sûr beaucoup plus intensive que pour les imposés. J’ai ainsi passé trois jours entiers à étudier les partitions. Je connaissais déjà certaines pièces, certaines de la 4e catégorie ayant jalonné ma jeunesse musicale. Mais le fait de recevoir les partitions sous forme numérique m’a fatiguée. Les grands formats papier sont beaucoup plus agréables pour travailler. En parlant de numérique: désormais, les rapports du jury sont également rédigés sous cette forme. Qu’en pensez-vous? C’est sensationnel et dans l’air du temps. Mais il s’agit d’un travail de pionnier, car grâce au programme Hitobito, toutes les associations cantonales pourront à l’avenir avoir accès à ce système. Les experts sur l’imposé écoutent la même pièce toute la journée. N’est-ce pas beaucoup plus facile à évaluer que des dizaines de pièces différentes, comme ce fut le cas pour vous? Oui et non. Sur l’imposé, les attentes évoluent au fil de l’écoute. Et il est difficile de se souvenir, rétrospectivement, de la manière dont la deuxième ou la cinquième formation a joué. Pour nous, c’est beaucoup plus simple: Nous pouvons parler des pièces et leur mémorisation est plus facile. Nous regardons si ce qui est joué correspond à ce qui est écrit. La société sait-elle où elle veut aller? Son plan aboutit-il? Fait-elle de la musique, est-elle créative? Cela signifie que parmi tous les «facteurs durs» que vous évaluez, l’expressivité musicale est la plus importante? Elle est vraiment très importante. Si l’on ne joue que des sons de manière statique, tout peut être «correct», mais ça ne suffit pas pour faire de la musique. Mais si la musicalité est là et qu’il se passe quelque chose, alors il peut arriver que des petits accidents se produisent. J’imagine toutefois que les avis divergent à ce sujet. Quel «taux émotionnel» vous autorisez-vous en tant qu’experte? Depuis que j’ai des enfants, je suis nettement plus émotive. Que ce soit en tant qu’auditrice ou directrice, il m’est déjà arrivé de pleurer, parce que touchée par la musique. Ici aussi, je l’ai vécu à plusieurs reprises. Certaines sociétés parviennent à transmettre tellement d’énergie. Comment faites-vous pour rester concentré? Avec beaucoup de café et de chocolat. Heureusement, nous sommes très bien encadrés. Et nous nous entraidons entre membres du jury lorsqu’un coup de mou se fait sentir. Par exemple, quand on cherche la bonne formulation. C’est épuisant, mais nous nous efforçons de rendre justice à toutes les sociétés qui ont travaillé pendant des semaines en vue de cette fête. En dehors de votre travail, avez-vous vécu la fête? Non, nous avons juste mangé le soir et bu un verre. J’ai mal dormi, mais trois jours sur l’année, c’est supportable. A combien de fêtes fédérales avez-vous déjà participé? Interlaken 1996 a été ma première FFM en tant que musicienne. J’ai fait St-Gall en 2011 et Montreux en 2016 comme directrice. C’est ici, à Bienne, que j’officie pour la première fois en tant que membre du jury.
- Ils résolvent presque chaque problème à la Fête Fédérale de Musique
Michel Graf (à gauche) travaille au Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS). Vice-président Suisse alémanique de l’Association suisse des musiques (ASM), il représente officiellement cette dernière au sein du comité d’organisation de la FFM26. Michel Graf est marié, père de deux enfants, et réside à Seedorf (BE). Il est percussionniste au sein de la société de musique de Wahlendorf. Hanspeter Frischknecht (à droite) est actif en tant que conseiller communal. Il est responsable des finances tant à l’ASM qu’au sein du CO de la FFM. Hanspeter Frischknecht est marié, père de quatre enfants, et vit à Suhr (AG). Il est tubiste au sein de la société de musique de Seon, qui a participé à la FFM vendredi. Ils sont deux des principales têtes pensantes qui ont fait en sorte que la FFM de Bienne puisse être organisée dans un délai aussi court: Michel Graf et Hanspeter Frischknecht. Au troisième jour de la fête, ils ont pris un peu de temps pour un entretien. Mais leurs téléphones clignotent quasiment en permanence. Tous deux se considèrent comme des «troubleshooter» et les premiers interlocuteurs, quel que soit le problème. «Tantôt une erreur s’est glissée dans une réservation d’hôtel, tantôt il manquait des boissons pour les présentateurs. Ou alors c’est SRF qui appelait pour dire qu’il régnait un chaos sur la Place Centrale et que les véhicules d’enregistrement des prestations de musique de parade ne pouvaient plus faire demi-tour», explique Michel Graf pour illustrer quelques-uns des problèmes qu’ils doivent résoudre au quotidien. Le Seelandais peine à dissimuler sa fatigue: «Je suis là depuis dimanche dernier et je ne dors pas plus de deux ou trois heures par nuit.» Les deux membres du CO n’ont pas encore eu l’occasion d’apprécier tranquillement un concert ou une prestation en concours. Vendredi, Hanspeter Frischknecht s’est rendu à la FFM avec sa société de musique de Seon. Mais là aussi, il s’est retrouvé sans cesse confronté à des difficultés et autres demandes. «Même entre l’échauffement et le concours, j’ai dû contribuer à la résolution d’un problème», confie-t-il. Ce qui n’a bien sûr pas été sans conséquences pour la qualité de sa propre prestation. Michel Graf ne peut s’empêcher de lancer une petite pique à certaines directions de société: «Parfois, nos informations n’ont tout simplement pas été lues.» Par exemple, le processus de commande des pin’s de la fête a été communiqué à plusieurs reprises, mais souvent en vain. De même, les partitions des pièces de libre choix, que les sociétés devaient envoyer au préalable pour que les membres du jury puissent se préparer de manière adéquate, ont parfois été transmises bien trop tard. «Certaines nous sont même parvenues ici, à Bienne, à l’hôtel», précise encore Hanspeter Frischknecht. Une «ambiance du tonnerre» et la Garde suisse comme points forts Michel Graf et Hanspeter Frischknecht n’ont toutefois pas uniquement dû faire face à des difficultés, mais ont aussi fait l’objet d’une vive gratitude. «Juste à l’instant, le président d’une association cantonale s’est approché de moi, me disant qu’il souhaitait faire un selfie avec Frischi, l’un des sauveurs de la FFM.» Quant à Michel Graf, il prend le temps, chaque jour, à midi comme le soir, de passer entre les tables lors du repas au gymnase de l’Esplanade, pour saluer les musiciennes et les musiciens. Il y reçoit énormément de retours positifs et reconnaissants pour la mise sur pied de la fête. Interrogé sur le point culminant à ce jour, Hanspeter Frischknecht cite «l’ambiance du tonnerre» qui régnait jeudi soir sur l’Esplanade, et ce, malgré le temps pluvieux. Michel Graf évoque quant à lui sa rencontre avec la «Banda» de la Garde pontificale. C’est au final lui qui a eu l’idée de la faire venir à Bienne. Il mentionne également la collaboration avec le collectif de la Coupole de Bienne, particulièrement positive. Le centre autonome jeunesse (CAJ) se trouve juste à côté du site de la fête et aurait, au début, fait preuve de scepticisme quant à la FFM. Mais maintenant, des concerts ont lieu tous les jours au «Chessu». «Attirer les jeunes à la FFM et les inciter à apprendre à jouer d’un instrument nous tenait à cœur à tous deux, mais aussi à Nadja Günthör, présidente du CO. Car les plus âgés viennent de toute façon», explique Michel Graf. Finances saines Hanspeter Frischknecht, grand argentier, se dit satisfait de l’évolution financière de la fête. «Les finances ne m’ont jamais causé de nuits blanches», dit-il, car la fête a été pensée d’emblée pour s’adapter à leur réalité. Le chiffre d’affaires généré par les cartes à prépaiement vendues n’est «pas vraiment hors norme, mais très bon». Chaque soir, il compte pendant une heure et demie l’argent liquide encaissé à l’aide d’une compteuse automatique, précise-t-il pour illustrer la taille d’une FFM. Information: vous trouverez tous les classements sur le site www.emf26.ch. Des photos de la fête y seront également téléchargées ultérieurement. La FFM en bref La Fête Fédérale de Musique (FFM) se tiendra du 14 au 17 mai 2026 à Bienne. Avec environ 24 071 participants, la FFM, qui a en général lieu tous les cinq ans, est considérée comme l’un des plus grands et plus importants concours de musique au monde. Pas moins de 532 sociétés de musique de toute la Suisse se disputeront le titre de «champion suisse» pour une durée de cinq ans dans diverses catégories et à différents niveaux. Ainsi, pendant le week-end de l’Ascension, plus de 100 000 personnes – actifs ou auditeurs – pourront vivre pleinement leur passion de la musique au centre de Bienne. Sera en outre proposée, sous la devise «La musique crée des liens!», une grande fête populaire au programme alléchant. La FFM 26 sera un temps fort culturel d’importance et de rayonnement nationaux.













