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Puissent les jeunes dire: «C’était vraiment cool!»

  • il y a 4 jours
  • 8 min de lecture
Nadja Günthör, © Henri Cosandier
Nadja Günthör, © Henri Cosandier

Nadja Günthör est convaincue que la fête sera «cool» et qu’elle offrira notamment quelque chose aux jeunes.


Auteur: unisono, Franziska Dubach


Plus que quelques semaines avant la Fête Fédérale de Musique 2026 Biel/Bienne (FFM26), le plus grand festival du genre au monde. La FFM26 a été mise sur pied en un temps record par une équipe des plus engagées. Nadja Günthör, présidente du CO, évoque avec «unisono» l’effervescence qui règne à l’approche d’une fête «particulièrement cool», mais aussi les défis qui restent à relever.


Nadja Günthör, comment êtes-vous devenue présidente du CO?

Après le renoncement d’Interlaken, Michel Graf, vice-président de l’Association suisse des musiques (ASM), m’a approchée début décembre 2024 pour me demander si j’accepterais de prendre cette responsabilité. J’ai d’abord avalé trois fois ma salive, tant le défi – mettre sur pied une fête aussi importante en si peu de temps et en partant d’un budget de zéro – me semblait à première vue impossible à relever.


Qu’est-ce qui vous a motivée à vous lancer malgré tout dans cette tâche herculéenne?

Je suis une femme d’action, j’aime organiser, apporter mon soutien, me mettre à disposition et assumer mes responsabilités. J’avais par ailleurs conscience que la FFM allait mourir si personne ne prenait le relais. Je me vois comme une sociétaire qui aime les gens et la musique. Cette dernière, en particulier la musique à vent et ses sociétés, justement, est un bien culturel passionnant et fédérateur. En outre, ce défi m’a offert un aperçu de la plus grande association de musique amateur de Suisse, mais aussi permis de faire de nouvelles rencontres et d’apprendre énormément.


Après 50 ans, la «Fédérale» reprend ses quartiers à Biel/Bienne. Mais ce n’est pas là l’unique raison qui doit en faire une fête très particulière.

Exactement, la fête sera différente de ce qu’elle a été jusqu’ici. Nous voulons penser plus particulièrement à nos jeunes musiciennes et musiciens, qui doivent percevoir la FFM26 comme une manifestation en phase avec son temps et gratifiante, pour dire, à la fin: «C’était vraiment cool!»


A votre avis, quelles opportunités offre la FFM?

La possibilité, pour l’ASM et pour le milieu de la musique à vent, de rajeunir leur image. La FFM est l’occasion rêvée de rafraîchir et dynamiser ce mouvement et de montrer à la population à quel point la musique à vent et ses sociétés sont chouettes.


La place Centrale, ©Stefan Weber
La place Centrale, ©Stefan Weber

La place Centrale, en plein cœur de Bienne, accueillera une scène de concert ouverte.


A quels aspects pensez-vous en particulier?

La FFM sera, pour les sociétés inscrites, le cadre idéal pour mettre en lumière des valeurs sociales importantes qui, pour la plupart, vont encore de soi dans leurs rangs. Je pense notamment à l’esprit de cohésion et aux égards entre jeunes et moins jeunes, à la confiance mutuelle, au fait de travailler ensemble à la réalisation d’un objectif tel que la participation à la FFM, pour fêter au final – je l’espère – un succès en équipe.


Venons-en au CO et à l’organisation de la fête. Qu’est-ce qui fonctionne bien?

L’équipe de mon CO fait un travail formidable. Tous miliciens, ils s’engagent bénévolement pour la «Fédérale». Ce qui ne va pas de soi, surtout compte tenu du court terme. La collaboration avec l’administration municipale, les transports publics biennois et Tourisme Bienne Seeland se passe également très bien et je leur en suis très reconnaissante. Et comme le temps est compté, je ne me contente pas, en tant que présidente du CO, de déléguer, mais il m’arrive aussi d’écrire moi-même des courriers, de corriger des textes ou de partir en quête de sponsors.


A titre personnel, comment conciliez-vous le tout?

Il m’arrive de me le demander moi-même, mais ça fonctionne [sourire radieux]. Il suffit parfois de transmettre cette flamme intérieure et de la partager, par exemple avec tous les gens de bonne volonté et motivés qui sont derrière nous. Le CO forme une super équipe, chaque membre en est important. Sans eux et leur passion, rien ne serait possible, ni sans les sociétés qui seront là pour donner un coup de main ou participer, d’ailleurs. L’enthousiasme l’emporte et je suis très sereine malgré une certaine tension.

 

Nebia, ©Stefan Hofmann
Nebia, ©Stefan Hofmann

Outre les concours des sociétés, le théâtre NEBIA accueillera également le concert de gala d’ouverture de l’Orchestre symphonique à vents de la Fanfare d’armée suisse.


Quels défis reste-t-il à relever?

Nous l’avons déjà dit à plusieurs reprises, le temps nous est compté pour organiser l’ensemble de la fête, mettre en place une stabilité financière et attirer suffisamment de sponsors. Nous devons encore régler quelques détails, trouver assez de bénévoles prêts à mettre la main à la pâte durant la fête, faire en sorte que l’infrastructure soit prête à temps et que le concept de sécurité et de gestion du trafic fonctionne.


Comment la fête est-elle financée, quel en est le budget?

Environ 50 pour cent proviennent des cartes de fête et du sponsoring ainsi que des pouvoirs publics. Le budget s’élève à 5,7 millions.


Avez-vous pu trouver des sponsors de renom?

Oui, des sponsors principaux, comme la ville de Bienne, Feldschlösschen et Bayard CO LTD. Sans oublier la collaboration avec SRG SSR. S’y ajoutent de nombreux autres sponsorings, qui ne sont pas encore tous sous toit.


Le tragique incendie de Crans-Montana a-t-il une influence sur le concept de sécurité de la FFM26?

Non, pas jusqu’ici. Nous avons pu déposer la demande d’autorisation assortie de tous les documents nécessaires, y compris le concept de sécurité et de circulation, à temps auprès de la ville de Bienne, qui s’est montrée positivement surprise. De petits ajustements devront certainement encore être apportés, mais nous sommes sur la bonne voie.


Bienne accueillera un nombre record de participants – 550 sociétés – et placera probablement le CO face à d’autres défis…

Cette affluence nous met à rude épreuve en termes d’infrastructure et d’hébergement, mais nous avons été ravis de voir la motivation manifestée par les sociétés. Je l’interprète aussi comme une preuve de confiance.


Et qu’en est-il de la recherche de bénévoles?

Elle a bien démarré, nous sommes satisfaits. Les sociétés de l’Association de musique du Seeland ou de la Fédération Jurassienne de Musique nous soutiendront activement, mais cela ne suffit pas encore. Il faut que de nombreuses autres sociétés et particuliers s’inscrivent en tant que bénévoles pour la FFM26.


La vieille ville de Bienne, ©Stefan Weber
La vieille ville de Bienne, ©Stefan Weber

La vieille ville de Bienne, qui offrira une plateforme musicale, fera elle aussi parler d’elle pendant les quatre jours de fête.


En quoi un engagement comme bénévole est-il attrayant?

Participer à un événement de cette envergure et aussi sympa est une question d’honneur. Ne serait-ce que pour profiter de l’effet «learning by doing». Les bénévoles recevront un t-shirt de qualité ainsi qu’un «goodie bag» qui leur permettra de se restaurer pendant la durée de leur engagement.


L’armée et la protection civile apporteront-elles également leur soutien?

Oui, surtout pour le montage et le démontage. Le chef de l’armée a vraiment été à l’écoute, mais n’a pas pu répondre à tous nos souhaits en raison du très court terme.


Place du Général Guisan Bienne, © Stefan Weber
Place du Général Guisan Bienne, © Stefan Weber

La FFM26 sera célébrée au centre-ville de Bienne – ici sur la Place du Général Guisan – et doit être une «fête pour tous».


Quel est ton article de «fan de la FFM» préféré?

Le pin’s et son logo FFM en forme de croche. Comme tous les autres gadgets, il peut d’ores et déjà être commandé en ligne et acheté sur place. En plus d’être une marque d’estime pour la fête et le comité d’organisation, le pin’s offre, pour dix francs, l’utilisation gratuite des bus des transports publics biennois dans la zone 300 pendant les quatre jours de la fête. Il n’est pas compris dans la carte de fête, mais les sociétés inscrites bénéficient d’une offre attrayante.


La FFM26 doit être une fête populaire. Comment le grand public est-t-il informé de cet événement majeur?

Outre les informations publiées dans «unisono», nous allons encore mettre l’accent sur la publicité, en particulier dans la région, notamment par des articles de presse et des annonces dans la Bieler Tagblatt et le Journal du Jura, ainsi que dans les médias du groupe Ringier, par exemple le Blick. De même, nous collaborons avec les CFF. Nous pouvons ainsi promouvoir l’événement dans les transports publics, entre autres par de la publicité sur les bus et les écrans. Enfin, la ville sera décorée de drapeaux accrocheurs sur les candélabres et nous mènerons des campagnes d’affichage ponctuelles.


Une monnaie commémorative avait été frappée la FFM de Montreux 2016…

…et La Poste émettra un timbre spécial pour la FFM26. De plus amples informations suivront dans «unisono» dès qu’il sera lancé.


Palais des Congrès, © markbaumgartner.ch
Palais des Congrès, © markbaumgartner.ch

La salle du Palais des Congrès accueillera plusieurs sociétés de musique pour le concours.


Quels avantages la ville bilingue de Bienne tire-t-elle de l’organisation de la FFM?

Ils sont avant tout économiques. Une étude publiée au printemps 2025 par la Haute école d’économie de Zurich et Ticketcorner montre que ces grands événements revêtent une importance manifeste. Les dépenses des visiteurs sont directement mesurables et perceptibles: billets, hébergement, mobilité sur place et restauration. Les entreprises locales en tirent des revenus qu’elles n’encaisseraient pas autrement.


Quels seront les temps forts de ces quatre jours de fête?

D’une part, la FFM se déroulera au centre-ville de Bienne, sur l’Esplanade couverte et non sous cantine. D’autre part, outre les concours et la musique de parade, le programme général offrira quelque chose à TOUTES ET TOUS.



Quel genre de programme général attend le public?

Il sera passionnant! Mais différent de ce que nous avons connu jusqu’ici. Nous avons en fait profité du court terme pour remettre la FFM sur les rails dans une approche inédite et moderne.


Seeblick, ©Stefan Weber
Seeblick, ©Stefan Weber

Habitante de la région, la présidente du CO souhaite également faire apprécier aux participants les beautés de l’endroit et ses nombreuses possibilités d’excursions.


Quels points de ce programme vous viennent spontanément à l’esprit?

Je pense notamment à la cérémonie d’ouverture du mercredi de l’Ascension: la ministre de la culture nous honorera de sa présence, et un concert de gala fera la part belle à la musique. En ville – sur la Place du Général Guisan et sur la Place Centrale –, des scènes ouvertes offriront un programme musical varié. Ce à quoi s’ajoutera une plateforme dans la vieille ville. Des «streetbands» s’y produiront, entre autres, tout comme des sociétés de musique non inscrites au concours. Les prestations de la Fanfare de la Garde suisse pontificale, le vendredi et le samedi, constitueront un autre temps fort. Tout est réuni pour nous garantir une Fête Fédérale de Musique haute en couleur.


Nadja Günthör, pouvez-vous terminer les phrases suivantes?


Personnellement, ce dont je me réjouis le plus à la FFM26, ce sont… les rencontres, les sonorités et le beau temps (sourire).


Je suis impatiente de découvrir… comment la population percevra la fête.


Le temps passé en tant que présidente du CO de la FFM26 m’a montré que… l’impossible est en fait possible.


La période d’organisation, courte et exigeante, a mis l’équipe du CO 2026… à rude épreuve, mais l’a aussi renforcée et soudée.


Par la FFM26 à Biel/Bienne, nous voulons… donner de la visibilité au mouvement de la musique à vent, sensibiliser quant à son importance et à celle de la vie associative pour notre société.


En tant qu’autochtone, j’aimerais… montrer notre belle région, le Seeland.


Portrait Nadja Günthör, ©Henri Cosandier
Portrait Nadja Günthör, ©Henri Cosandier

«Nous sommes très reconnaissants du soutien des bénévoles, des sponsors et des pouvoirs publics, indispensables pour mettre sur pied une telle fête en si peu de temps.»


Portrait de Nadja Günthör

  • Présidente du CO de la Fête Fédérale de Musique Biel/Bienne 2026

  • Coach personnel diplômée, formatrice et politicienne

  • Domiciliée à Erlach (BE)

  • Mariée à Werner Günthör (ancien champion du monde de lancer du poids et médaillé olympique

 
 
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